RUE D’ALGER

Manifesta 13 Marseille - Les Parallèles du Sud

Istituto Italiano di Cultura - Marseille 

EXPOSITION

Alessandra Ferrini

Nina Fischer & Maroan el Sani

Emma Grosbois & Agathe Rosa

Amina Menia

PERFORMANCES

Mohammed Laouli

Muna Mussie

ARCHIVES

Une section consacrée aux archives de

l’ancienne Casa d’Italia: Alessandro Gallicchio, Stéphane Mourlane et

Caroline Pane

ACTIVITÉS ACADEMIQUES

Élaborées avec l’équipe scientifique du laboratoire TELEMMe  (AMU-CNRS)

COMMISSARIAT

Alessandro Gallicchio

avec Simone Frangi, Marine Schütz

et Pierre Sintès, assistés de Léa Battais

ISTITUTO ITALIANO DI CULTURA - MARSEILLE

Directrice : Paola Ciccolella
Administration : Gaëlle Arlaud
Secrétariat : Nadia Matteucci
Logistique : Armando Golino

Dans le cadre de Manifesta 13 Marseille Les Parallèles du Sud, le projet Rue d’Alger présente un dispositif polyphonique où artistes et chercheurs en sciences humaines et sociales abordent, à partir de différentes activités (performances, tables rondes, séminaires, etc…), les « fantômes » du passé colonial hantant les villes et paysages de Méditerranée. Pour cela, le projet investit à dessein l’Institut culturel italien (ancienne Casa d’Italia), exemple emblématique de l’architecture fasciste disséminée par delà des frontières italiennes. La construction de ce bâtiment, en plein règne du Duce, a été un événement marquant pour les nombreux immigrés italiens de Marseille et pour la politique expansionniste du fascisme. Elle était en effet un lieu de rassemblement et d'entraide sous la tutelle « bienveillante » du Consulat d’Italie et du Fascio local. Il incarne ainsi l’obsession mussolinienne de lutte contre l'assimilation des émigrants afin de préserver une « italianité » qui permettrait de lui ouvrir des droits sur la région. Sa conception comme son architecture cache encore les stigmates de cette propagande du mare nostrum, invoquant la conception nostalgique d’une Méditerranée dominée par les Italiens, héritiers de l’Empire romain, que le régime fasciste se proposait de restaurer. 

 

En ouvrant les portes de ce lieu dissonant et en en exposant les archives, Rue d’Alger vise à développer une analyse critique consacrée aux traces matérielles de l’histoire coloniale et à examiner plus généralement leur re-sémantisation dans le monde contemporain. En effet, si le point de départ est la propagande du rêve expansionniste mussolinien, ce projet ne se limite pas à l’élaboration d’un discours uniquement centré sur l’Italie. Le positionnement de l’Institut culturel italien au cœur de la Rue d’Alger invite en effet à étendre le propos aux héritages des relations asymétriques que la France entretient avec l’Afrique du Nord et ses anciennes colonies. Le dispositif construit plus largement un questionnement autour des traces de cette histoire pour en explorer le potentiel narratif et retrouver tabous et traumas engendrées par les non-dits d’un passé finalement bien présent. Pour stimuler cette redécouverte, les stratégies de réappropriation et de détournement des discours dominants sont convoquées pour tendre la main au futur et pour envisager un nouveau chapitre de l’histoire méditerranéenne.

 

Pendant la durée de l’exposition, plusieurs rencontres sont organisées pour donner la parole à différents protagonistes, animateurs du monde académique, associatif ou institutionnels. Ces journées seront l’occasion d’échanges sur des thématiques importantes pour Rue d’Alger, mettant au cœur des débats la place des héritages coloniaux et minoritaires dans les sociétés de Méditerranée. Au-delà de cette question, il sera également proposé d’examiner le rôle que les discours d’artistes et les recherches académiques peuvent jouer dans le dévoilement des mécanismes et des significations de ces héritages. Par ces différentes mises en perspective, liant démarches artistiques et interrogations des sciences humaines et sociales, Rue d’Alger propose d’aborder les « hantises » du présent en s’ouvrant sur la construction utopique d’un espace partagé, où la circulation des idées et des personnes permettrait de dessiner les contours de la Méditerranée d’aujourd’hui (ou de celle de demain ?).

 

Une proposition de TELEMMe (AMU-CNRS) et de l’Institut culturel italien de Marseille dans le cadre de Manifesta 13 Les Parallèles du Sud, soutenue par la Région Sud.

 

En partenariat avec Institut SoMuM, Banque Monte dei Paschi di Siena, ECHOES, FRAC Paca et Ancrages.